Noyades ‘Go Fast’

Interview paru dans le n°141 du Fanzine Abus Dangereux

 

Trio instrumental originaire de Lyon, Noyades déboule avec un premier album qui, je vous le promets, va squatter votre platine pendant un long moment.

Ce qui frappe à la première écoute c’est leur grande maîtrise à nous faire partir avec eux dans leur voyage sonique à grande vitesse, mélangeant une énergie punk/noise à des plans psyché sous acides. Entendu pour la première fois sur scène, ils m’avaient totalement scotché. Premièrement car ils dénotaient dans la programmation du soir entre groupes Thrash (Verbal Razor), D-Beat (Krigskade) et Punk-Hardcore (Career Suicide) leur noise-psyché instrumentale était surprenante et rafraîchissante. Deuxièmement car ils dégageaient une énergie dingue qui n’avait rien à envier aux autres groupes présent ce soir-là.
Après une démo K7 de 3 titres, les voici de retour avec leur premier album ‘Go Fast’. Echange effectué par mail avec Vince (bassiste)

Peux-tu faire une présentation du groupe?

Noyades c’est plus ou moins un accident du calendrier en fait, on n’a pas monté ça par annonces zikinf pour faire un groupe. C’était un one shot pour l’entrée de Cyril (guitare) en cursus à l’ENM de Villeurbanne, il a pris les gars dispo à ce moment-là donc ça a donné un patchwork inattendu. Le guitariste vient du harsh et de l’impro, le bassiste du punk/crust et le batteur de la zik sixties/seventies. En théorie, on n’a rien à foutre ensemble !

Si on qualifie votre musique de Noise-psyché est-ce que cela vous convient ?

Pour le style, noise psyché pourquoi pas, même si pour nous on a l’impression de jouer comme des punks en fait. Pour tout te dire, on penche nettement pour l’étiquette Acid Hard.

Comment c’est fait le choix de l’instrumental ?

Pour être tout à fait honnête, c’était une bonne grosse solution de facilité ! Maintenant, on considère que ce sont nos pedalboards les chanteurs. Pas de problème de diva qui se la raconte ou d’égo de chanteur.

C’est votre premier album mais 3 des titres étaient déjà sur votre démo. Est-ce que tous les titres dates de la même période ou ces 4 autres titres ont-ils été écrit spécialement pour l’album?

En fait, pour faire simple, on a plutôt composé un set live de 45 minutes, et une fois rodé on a décidé d’en faire un disque,  et pas le contraire. Donc le set a été composé sur 2 ans. On a remis les titres de la cassette car on le sentait bien comme ça. Le budget d’enregistrement du EP était de 26 euros, 10 euros pour le local, 10 pour une bande et 6 pour payer un menu tacos à l’ingé son Nico Poisson.
Alors quand on a pu aller au Studio Davout enregistrer avec Hugo Pernot, vu qu’on continuait à kiffer grave ces chansons, la question ne s’est même pas posée. Et puis au final, on a toujours bien kiffé les groupes qui enregistraient des versions différentes de leurs morceaux.

 

 

Généralement les titres des morceaux font écho aux paroles mais du coup comment ces titres s’imposent à vous? Est-ce que les titres ont un réel lien avec la musique ou est-ce juste pour donner un titre et c’est choisi au hasard? Je pense notamment aux titres comme Macchapuchare, Sidi Abderraham qui font références à des lieux sacrés ou de cultes.

On a toujours bien aimé se raconter des histoires un peu extrêmes, surnaturelles ou juste extraordinaires. Alors vu qu’on n’a déjà pas de paroles, on essaye effectivement de tirer le maximum des titres. On n’est pas des culs bénits, mais le mysticisme autour du sacré nous parle grave.  Mais il y a aussi une chanson qui fait référence au merchandising d’état autour de Poutine en Russie (« Bear Rider »), et une qui évoque directement un bouquin de Nicolas Dubreuil, un explorateur polaire français qui raconte dans son bouquin qu’il a été pris dans une tempête avec des vents de 300 km/h et des creux de plus de 30 mètres dans l’océan, au sud de l’Argentine. En croisant ce fait aventurier, avec la maxime funéraire qu’on trouve sur les monuments aux morts des marins anglais à Southampton, ça a donné « No Other Grave Than The Sea ». On y voit un lien direct avec notre musique sur ce coup, avec une zik épileptique, une grosse montée puis un drone qui évoquent clairement la mer déchaînée, un bateau grimpant sur une vague de 25 mètres de haut sans pouvoir s’arrêter (avec la chute à pic qui va avec), puis le calme plat en sortant de la tempête.

 

 

Sur scène vous dégagez une puissance assez folle et c’est bien retranscrit dans l’album. Comment s’est déroulé l’enregistrement?

C’était de la frappe. Dans la méga urgence, au niveau de la planification et du déroulement. On a décidé/booké ça un mois avant, et on a enregistré en 48h. On est allé dans ce studio mythique, Davout, un des grands studios parisiens historiques. Pour conserver la patate on a enregistré live. On a fait les prises dans une pièce capable de recevoir un orchestre de 100 musiciens, avec des cabines pour basse et guitare. C’est Hugo Pernot, un des ingés son du studio qui nous a mis sur le plan. Il a produit le disque de A à Z, mixé et choisi le studio de mastering. Ça l’a grave fait.

Les plans futurs? Tournées?

On vient de sortir notre disque, ça a été un boulot austère, maintenant on veut jouer absolument partout. On va faire des weekends pendant l’hiver avec des groupes de potes, Korto et Satan. Puis des dates suisses en mars avec un nouveau projet mortel de nos amis de La Chaux de Fond : Autisti. Puis tournée franco-belge en avril…
A terme on aimerait partir en tournée en Asie, voir les gens de notre label à Taiwan. Et jouer dans un max de festoches

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Discographie :
– Démo K7
– ‘Go Fast’ (S.K RecordsKandala RecordsRejuvenationWV Sorcerer ProductionsJungle Khôl – Degelite)