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Interview de Jérémie, chanteur de BEAST AS GOD (Metallic Hardcore / Nottingham)

 

En mars dernier sortait le split 7″ Beast as God/Crows, un split attendu car il marquait le retour de Crows après l’énorme album Better off Dead sorti en 2014. Mais la grosse surprise se trouve sur la face A avec Beast as God, groupe de Metallic Hardcore de Nottingham. Rencontre avec Jérémie originaire de Bordeaux mais habitant en Angleterre depuis moult années. L’occasion de revenir sur les débuts du groupe, le split avec Crows mais aussi de discuter de son amour pour la scène Punk Hardcore et le DIY.
(Cette interview a été réalisée il y a quelques mois et le temps de traduire tout ça, Beast as God vient d’annoncer qu’ils se séparaient… Un dernier EP cassette sortira quand même histoire de terminer l’histoire en beauté)

Avant de parler du split j’aimerais revenir sur l’historique de Beast as God. Peux-tu faire une présentation des membres et de la façon dont est né BaG?

Beast as God a débuté en 2013, le but était de faire un groupe de Metallic Hardcore brutal. Ça fait des années que je joue dans pas mal de groupe de Nottingham et notamment dans Dead In The Woods, du Crust/Space rock qui est devenu Nadir, un projet plus Space.
Nadir c’était super et j’en suis très fière mais l’agressivité me manquait. J’étais à un moment de ma vie ou je devais faire face à des choses assez compliquées, une crise familiale assez intense, et je sentais le besoin d’extérioriser tout ça pour évacuer la frustration… J’ai donc demandé à Steve Larder (qui jouait dans le monstre Sludge Punk Moloch et qu’on retrouve maintenant dans le groupe Punk Bloody Head) s’il était intéressé pour faire un truc dans le genre, il était d’accord et a partir de là nous avons cherché le reste du line-up. Nous avons enrôlé un autre Steve à la batterie et Matt Grundy, qui jouait dans Dead In The Wood et qui venait juste de rentrer à Nottingham, donc ça me semblait évident de lui demander de nous rejoindre à la guitare. La basse est assurée par Boulty, qui a joué dans beaucoup de groupes de Grind et qui gère Stuck On A Name un studio/salle de concert mythique.
Une fois que nous avions le line-up, je leur ai fait une mixtape pour leur donner une idée du genre de groupe que j’avais en tête, principalement du Metallic Hardcore des années 90 à la « Holy Terror », des groupes du Burning Spirit Japonais et quelques groupes du début d’Hydra Head. Nous avons écrit et enregistré la cassette EP et le titre du split avec Crows, mais, en 2015 Steve (batteur) nous a quitté pour partir étudier au Chili. A partir de là, Phil, qui a joué dans pas mal de groupes avec Boulty et qui jouait de la guitare dans Megalodoom (un groupe de Post-Metal instrumental) nous  a rejoint.

 

 

 

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Revenons un peu sur l’EP précédent. Le nom du groupe ainsi que les paroles ont pour sujet le déclin de l’Humanité. Le titre “Eschatological Vision” nous met dans la peau d’un destructeur de l’Humanité (Chevalier de l’Apocalypse?), “I Know Who you Are” a une référence à Janus (Dieu Romain), on retrouve pas mal de références à la Religion ou à la Mythologie dans les paroles. Est-ce une réelle source d’inspiration, ou t’en sers-tu pour appuyer le côté apocalyptique ? J’ai aussi l’impression que le “Beast as God” c’est toi ou plutôt ton “personnage” au sein du groupe, il se place en sorte de force suprême qui juge les Hommes. Elle va loin cette question…

Les paroles du EP sont basées sur le fait que j’essayais d’exorciser certains démons. Comme je le disais, ma famille a expérimenté un événement très traumatisant et j’avais besoin d’un exutoire. Je ne veux pas et je ne rentrerais pas dans les détails, mais c’était une période très éprouvante et durant cette période j’ai pu expérimenter le pire et le meilleur de la nature humaine… “Eschatological Vision” est un titre de haine pure, ce sentiment lorsque tu es tellement contrarié que tu veux juste tout envoyer chier, et oui, dans mon personnage mégalomaniaque sur scène, devenir un dieu et condamner l’humanité.
Les paroles retracent une période de ma vie et montrent comment j’ai dû faire face à la faiblesse et au mépris de certaines personnes, et combien le système, le mince vernis de la civilisation dans lequel nous avons confiance pour nous garder en sécurité, n’est là que pour maintenir le statu quo, et non pour nous soutenir ou aider ceux que nous aimons… Continue reading

Interview avec KÜRØISHI (D-beat / Finlande)

 

(For english readers: http://chantofanger.net/interview-with-kuroishi-d-beat-from-finland/)

‘Poverty.Ignorance.Greed.Slavery’ tel est la vision que les 5 membres de Kürøishi ont de l’Humanité. Ce première album est une bombe de 12 titres D-beat comme on aime dans la lignée de Wolfbrigade, Disfear, Discharge (évidemment) et Tragedy mais le Hardcore Japonais coule aussi dans les veines de Kürøishi!
Ayant écouté l’album une bonne centaines de fois depuis sa sortie en Février sur Fight Records, il m’était impossible de ne pas les contacter pour leur poser quelques questions.

J’ai fait quelques recherches pour trouver la signification de Kürøishi. Au début je pensais que c’était un mot Finnois mais je me suis rendu compte que cela signifié « Mort Noir » en japonais. Une petite ville dans le nord du Japon porte aussi ce nom. Est-ce que tu peux expliquer ce choix et y a t-il une histoire particulière derrière ce nom ?

JANI (Basse): « Mort Noir » est la bonne signification. Nous avons rajouté le “ø” et le “ü” pour embrouiller les gens, haha ! L’histoire derrière ce nom est qu’Ilari (ndlr : guitariste) était en vacances au Japon et buvait dans un bar avec un pote japonais. Au même moment, depuis la Finland, je discutais avec Ilari sur Messenger et nous cherchions un nom cool pour le groupe. Nous avons balancé pas mal de noms à notre pote japonais pour qu’il traduise nos suggestions et Kuroishi sonnait assez cool.

Les paroles sont très noirs et traitent en grande partie de la stupidité de l’Humanité, ce qui fonctionne bien avec le nom de l’album “Poverty.Ignorance.Greed.Slavery“. Où est que tu puisses ton inspiration ?

KAI (Chant): Mon inspiration vient d’une source aussi banale que la vie de tous les jours, la plus part du temps, ou plutôt à chaque fois, le côté dramatique est amplifié pour que l’histoire ou le point de vue colle à la musique. J’écris les paroles lorsque j’entend la musique pour la première fois, du coup elles collent assez bien à l’ambiance. Je vois souvent les mots apparaître devant moi quand j’entends les riffs, donc heureusement que la musique est puissante. Les paroles sont des histoires sur une vision de la vie, les trucs que l’on pense acquis, la pollution de l’esprit et du monde. Pas mal de trucs négatifs (rire), la force dans la lutte, à la finlandaise.

Tu chantes en Anglais, Finnois et Suédois, comment est-ce que se fait le choix de la langue ?

KAI : Le choix de la langue ne se fait pas en fonction de ce qui sonne le mieux ou pour faire quelque chose de différent. Je suis né en Finland mais j’ai été élevé en Suède et les séries américains ont été mes babysitters (rire) donc j’utilise juste la langue qui arrive naturellement. Ma morale a été forgé par des révolutionnaires tel que Megatron (ndlr : chef des Decepticons dans Transformers), Musclor et Captain Braveheart et regarde quel jeune garçon costaud je suis devenu !
Mais j’avoue que le suédois et le finnois sonnent vraiment bien et brut (raw), et ça fonctionne vraiment bien avec le d-beat.

La pochette de “Poverty.Ignorance.Greed.Slavery“ est vraiment superbe elle me fait penser à la pochette du split Absolute/Paranoïd. Peux-tu nous raconter l’histoire derrière ce dessin et le processus de création avec Akihiko Sugimoto. Comment est-ce que vous l’avez rencontré ? Est-ce que vous lui avez suggéré quelques idées ou était-il totalement libre ? Continue reading

Interview de NOYADES pour la sortie de leur premier album ‘Go Fast’

Noyades ‘Go Fast’

Interview paru dans le n°141 du Fanzine Abus Dangereux

 

Trio instrumental originaire de Lyon, Noyades déboule avec un premier album qui, je vous le promets, va squatter votre platine pendant un long moment.

Ce qui frappe à la première écoute c’est leur grande maîtrise à nous faire partir avec eux dans leur voyage sonique à grande vitesse, mélangeant une énergie punk/noise à des plans psyché sous acides. Entendu pour la première fois sur scène, ils m’avaient totalement scotché. Premièrement car ils dénotaient dans la programmation du soir entre groupes Thrash (Verbal Razor), D-Beat (Krigskade) et Punk-Hardcore (Career Suicide) leur noise-psyché instrumentale était surprenante et rafraîchissante. Deuxièmement car ils dégageaient une énergie dingue qui n’avait rien à envier aux autres groupes présent ce soir-là.
Après une démo K7 de 3 titres, les voici de retour avec leur premier album ‘Go Fast’. Echange effectué par mail avec Vince (bassiste)

Peux-tu faire une présentation du groupe?

Noyades c’est plus ou moins un accident du calendrier en fait, on n’a pas monté ça par annonces zikinf pour faire un groupe. C’était un one shot pour l’entrée de Cyril (guitare) en cursus à l’ENM de Villeurbanne, il a pris les gars dispo à ce moment-là donc ça a donné un patchwork inattendu. Le guitariste vient du harsh et de l’impro, le bassiste du punk/crust et le batteur de la zik sixties/seventies. En théorie, on n’a rien à foutre ensemble !

Si on qualifie votre musique de Noise-psyché est-ce que cela vous convient ?

Pour le style, noise psyché pourquoi pas, même si pour nous on a l’impression de jouer comme des punks en fait. Pour tout te dire, on penche nettement pour l’étiquette Acid Hard.

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